De son quartier à l'ONU

Quand j'ai rencontré Kofi Annan (ONU)

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Quand j'ai rencontré Kofi Annan (ONU)

De longues années de lutte ont aiguisé chez Tita Aling un puissant sentiment de solidarité. Ses voisins comptent sur elle à bien des égards. Elle soutient souvent les parents qui tentent d'inscrire leurs enfants à l'école ou souhaitant obtenir des papiers administratifs de l'Hôtel de Ville. Elle joue un rôle clé dans en soutenant ATD Quart Monde pour animer une bibliothèque de rue dans sa communauté. Son expérience de militante lui a donné confiance pour représenter les autres, partager ce qui est caché, de la réalité de leur vie et des espoirs pour l'avenir que chacun partage.

Quand en 2005, ATD Quart Monde eut l'occasion de rencontrer le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, Aling Tita Villarosa fût l'un des délégués pour New York. Cet événement fût l'occasion pour les dirigeants du monde et les personnes vivant dans l'extrême pauvreté de réfléchir ensemble.

Voici un souvenir que Tita garde de cette journée :

"Tout le monde était heureux, la séance était terminée, nous avons fait une photo où je me trouvais à côté de M. Kofi Annan. Auparavant tout le monde avait partagé leur expérience dans leur pays. ... A mon tour, je me suis assis à côté du Secrétaire général. Nous avions chacun deux minutes pour raconter notre expérience de la pauvreté. En parlant à M. Annan, je tenais ses mains et le regardait droit dans les yeux, je lui dis: «Monsieur le Secrétaire général, beaucoup de gens pensent que les pauvres dépendent des institutions et des gouvernements pour les aider. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que dans les communautés les plus pauvres, les gens s'entraident tous les jours. Pour surmonter l'extrême pauvreté, les personnes pauvres elles-mêmes doivent être impliqués. Soyons partenaires lorsque vous travaillez sur la sécurité, le développement et les droits humains pour tous. Mettons ensemble nos connaissances, la vôtre et la nôtre. Cessons de fonctionner séparément mais comme d'une seule main. "Puis, quand j'ai cessé de parler, il m'a répondu : "Oui, vous avez raison". Tout le monde était heureux, content, et je leur dit que venir ici, à New York n'était pas une perte de temps, au contraire, ce fût une réussite grâce à nous. De ma vie, jamais je n'oublierais cette expérience parce qu'une femme comme moi, vivant dans un cimetière, a été en mesure de rencontrer des gens dans d'autres endroits du monde et d'apprendre beaucoup d'eux. "

Aling Tita et les autres délégués avaient demandé au Secrétaire général son appui pour la Journée internationale pour l'éradication de la misère, qui pouvait dans certaines parties du monde être déformée en une journée "de la pauvreté" sans laisser place aux voix des personnes vivant dans la pauvreté. M. Annan l'a promis: «Vous pouvez compter sur moi et sur ​​les Nations Unies" pour lancer une évaluation participative de cette journée avec les gouvernements et les personnes vivant dans la pauvreté, et à recentrer la journée d'une manière qui rassemble tout le monde pour tendre vers la paix . Il n'aura pas abandonné Aling Tita. L'évaluation participative a été menée et a conduit à son rapport en 2006 dans lequel il est conclu:

La Journée internationale a été célébrée dans le monde entier comme un jour de souvenir et d'honneur aux luttes quotidiennes des personnes vivant dans la pauvreté. Il représente une occasion de reconnaître les efforts et les luttes de personnes vivant dans la pauvreté, une chance pour eux de faire entendre leurs préoccupations et un moment pour reconnaître que ces personnes sont en première ligne dans la lutte contre la pauvreté.